Gourville, le Charentais magnifique, entre finances et politique…
Le Croît vif publie une nouvelle grande biographie écrite par Alain Mazère : elle est
consacrée à Jean Hérauld de Gourville, un des personnages les plus extraordinaires et les plus influents de l’histoire de France : financier, diplomate, confident des puissants du Grand
Siècle, Gourville a commencé son étonnante ascension comme valet des La Rochefoucauld.
Le titre du livre, Gourville le magnifique, s’inspire à la fois de Laurent le Magnifique, banquier, esthète et
prince de Florence, et de Gatsby le magnifique, milliardaire de l’Amérique des années folles, selon le roman de Francis Scott Fitzgerald.
C’est dire si Gourville est une figure charismatique, à la réputation fascinante et pourtant trouble, tenant aussi bien du
prince florentin que du golden boy new-yorkais. C’est dire aussi que sa biographie est un grand morceau d’histoire et se lit comme le mieux construit des
romans.
Ou comment un simple valet charentais devient l’un des grands du Grand Siècle…
Chargé par Louis XIV d’une mission diplomatique en Allemagne, Gourville se voit offrir par le duc de Hanovre une somptueuse « machine en or » à placer sur la table afin d’en tirer du
vin glacé ; quelque temps après, il la cède pour 9 000 livres à la marquise de Montespan qui en mourait d’envie : extraordinaire Gourville, il possède le don de faire fructifier tout ce
qu'il approche ! Au point qu’on songea même à lui pour la succession de Colbert, comme contrôleur général des Finances. Le suivre dans son ascension renvoie aux éblouissements du pouvoir
et aux spéculations financières de tous les temps : en cela, il ressemble à ces « magnifiques » de la Renaissance italienne ou à ce Gatsby de l’Amérique des années
folles.
Né en 1625 à La Rochefoucauld, Gourville débute comme secrétaire du duc. Devenu messager du cardinal Mazarin pendant la Fronde, puis financier de haut vol sous l’étincelant surintendant des
finances Nicolas Fouquet, il amasse une fortune considérable et se voit condamné à mort par contumace, pour malversation. Bien qu’en fuite pour échapper à la justice, paradoxalement l’État
utilise son talent de négociateur comme ministre plénipotentiaire en Angleterre, en Allemagne, en Hollande ou en Espagne ; puis le Grand Condé, ruiné par ses guerres, le nomme intendant de
sa maison pour en restaurer le patrimoine. Blanchi personnellement par Louis XIV, il devient le conseiller de tous les grands de la cour.
Familier de Mesdames de Sévigné et de La Fayette, de Boileau, de Racine, de Louvois et de tant d’autres, amant de la célèbre Ninon de Lenclos, restaurateur du château de Saint-Maur, joueur et
gastronome, ce grand aventurier de modeste extraction meurt en 1703, après avoir traversé et même dominé la société pourtant ultra hiérarchisée du XVIIe siècle. Son personnage se retrouve dans
tous les mémoires de son temps, de Saint-Simon au cardinal de Retz, de même il inspire La Bruyère, et plus tard Voltaire, Sainte-Beuve ou Alexandre Dumas… Il s’agit ici de sa biographie la plus
accomplie. Elle se lit comme un roman à la découverte intime du Grand Siècle.
Ils ont dit de
lui :
« Gourville, par son esprit, son grand sens, les amis considérables qu’il s’était faits, était devenu un personnage » (duc de Saint-Simon,
Mémoires).
« Sa destinée veut qu’il ne se passe rien de considérable dans le monde qu’il ne s’y trouve, et toute la fortune du royaume et de M. le cardinal n’est pas assez grande pour nous faire battre
les ennemis, s’il n’y joint la sienne. » (prince de Conti, Correspondance)
« D’un coup de baguette, il nous fit sortir de terre un souper admirable. » « Il est inestimable et adorable par ce côté-là de son cœur, au-delà de ce que je n’ai jais vu. »
(marquise de Sévigné, Correspondance)
« Gourville, c’est l’homme à expédients, à moyens, à inventions ; il a de l’imagination, mais sans chimère ; rien ne l’embarrasse : il n’est pas de ceux qui engendrent le
doute et le scrupule. On le trouve dévoué, fidèle, hardi et prudent, risquant et calculant à propos, s’avisant de tout : il fait jaillir les ressources des difficultés mêmes. La grande
morale n’est pas son fort ; il est de ceux dont on ne saurait dire précisément qu’ils la violent, car ils l’ignorent. C’est le type le plus parfait de l’homme d’affaires ; il y a du
galant homme aussi et même des commencements de l’homme d’État. Ses charmants Mémoires sont écrits avec aisance et naturel. » (Sainte-Beuve, Causeries du
lundi)
L’auteur :
Alain Mazère est aujourd’hui le meilleur biographe des Charentes. Son La Rochefoucauld publié au Croît vif en 2007 fait
désormais référence. La biographie de Gourville, qui commença comme valet du grand La Rochefoucauld, enrichit la connaissance du XVIIe siècle d’une vigueur toute particulière, celle du monde des
affaires étroitement mêlé à celui de la haute noblesse et de la diplomatie. Le préfacier du livre n’est autre que Sixte de La Rochefoucauld.
Livre particulièrement destiné aux amateurs d’histoire régionale et de grandes biographies, il s’agit d’un texte à la fois très documenté et très accessible à tous les lecteurs grâce à son côté vivant. Le personnage fascine par sa réussite, le suivre dans ses aventures multiples, jusqu’à des démêlés avec la justice, est proprement passionnant et permet de mieux comprendre la société complexe du XVIIe siècle.
25 € – 358 pages, format 145 x 220
ISBN 978-2-916104-81-2 / ISSN 1167-458X - Collection Témoignages
Pour tout renseignement ou contact avec l’auteur :
Paola Authier (05 46 97 46 52) ou Christelle Massonnet (06 64 30 54 71)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
